DU CINEMA REX À CHARLIE HEBDO

DU CINEMA REX À CHARLIE HEBDO

DU CINEMA REX À CHARLIE HEBDO
par le docteur Mahmoud Moradkhani

Le 7 janvier 2015, les Français et le reste du monde furent témoins des attaques sauvages, à Paris, du terrorisme islamique contre un symbole de la liberté d’expression et de pensée, et une fois de plus, contre la communauté juive. Des fanatiques, abrutis par l’idéologie islamique, attaquèrent les bureaux de Charlie Hebdo et une épicerie juive, assassinant ainsi des innocents et, parmi eux, certains des plus célèbres caricaturistes français. Les peuples du monde libre et leurs gouvernements ont, à cette occasion, montré leurs capacités d’analyse et de réaction devant ce drame et ont mis tout en œuvre pour en neutraliser les responsables.
Quand on considère les antécédents de ces individus, il est clair qu’ils n’étaient pas capables de concevoir seuls cette attaque. Ils l’ont commise sur des ordres officiels ou officieux. On peut appliquer cette analyse à l’ensemble des attentats commis en Europe. En rechercher l’origine implique de dépasser les limites de notre continent. Il suffit d’être à l’écoute de la propagande qui inonde le monde à partir des états islamiques du Moyen-Orient et particulièrement du régime iranien, faussement intitulé “République Islamique”, pour comprendre qu’à l’évidence l’islamisme n’est pas né et n’a pas grandi en Europe. Ce terrorisme n’a pas toujours existé. Il commence avec Khomeini et la condamnation à mort de Salman Rushdie. On retrouve les traces de son “islamisme politique” dans une succession d’horreurs dont les événements de Paris ne sont que la dernière manifestation. La première fut l’incendie, en 1978, du Cinéma Rex à Abadan, au sud de l’Iran. Un écrivain chercheur iranien, Majid Ahmadiyan, vient d’écrire un livre sur ce crime. Avec l’aide de l’opposition iranienne en exil, nous avons pu en proposer une version en langue persane avec un court résumé en anglais, en accès libre sur Internet « LA CATASTROPHE DU CINEMA REX : LE FEU DE LA REVOLUTION ISLAMIQUE ». Il pourrait être prochainement traduit en français. Nous pensons, et bien d’autres chercheurs et historiens avec nous, que cet incendie fut le point de départ de la désinformation du peuple iranien qui mena au tragique triomphe de la révolution islamique en Iran et porta au pouvoir Khomeini et ses suppôts. Il est indispensable de connaître le détail de cette catastrophe tragique pour comprendre le terrorisme islamique d’aujourd’hui dans le monde.
J’ai été personnellement, du fait de mes liens de parenté et de longue date, informé sur tous les détails de cet événement. Pendant la révolution, mon père, Ali Tehrani, faisait partie des hauts dignitaires religieux qui ont contribué à la victoire de la révolution islamique de 1979. Khomeini en personne le nomma juge d’instruction en charge d’enquêter sur l’incendie du cinéma Rex. Ce fut sa dernière collaboration avec ce régime et une des raisons pour lesquelles il passa à l’opposition. À l’occasion de cette enquête, il lui apparut clairement que, contrairement, à la rumeur, le régime du Shah n’avait rien à voir avec cet incendie volontaire dont l’ordre ne venait, en vérité, que d’un petit groupe de leaders religieux de Qom.
Khomeini et les autres dirigeants de la république islamique n’acceptèrent pas les conclusions de mon père. Celui-ci, par honnêteté, démissionna. Alors, un mercenaire, Mousavi Tabrizi, fut nommé à sa place et ordonna l’exécution d’un groupe de gens, y compris le propriétaire du cinéma, qui n’avaient rien à voir avec cette tragédie.
Pour la clarté de cet exposé, il est nécessaire de faire un bref récit de cet événement, pour les détails, on se référera au livre de Majid Ahmadiyan

http://en.wikipedia.org/wiki/Enjoining_good_and_forbidding_wrong
Dans la ville méridionale d’Abadan, à l’été 1978, on ne notait aucune démonstration d’opposition au régime du Shah alors que les manifestations publiques avaient commencé dans beaucoup d’autres villes, allant parfois jusqu’à l’incendie de night-clubs, restaurants et cinémas. Le prétexte de ces attaques était le combat contre les symboles de l’occident et le gouvernement qu’on accusait de n’être que la marionnette de l’impérialisme occidental. Mais, habituellement, ces actions révolutionnaires étaient relativement limitées et n’entraînaient pas mort d’homme.
Des mollahs, groupés sous le nom de “Concile islamique de Qom” décidèrent d’étendre la révolution au sud de l’Iran. Ils mesuraient consciemment l’importance de l’industrie pétrolière et l’intérêt de se servir des ouvriers qui y travaillaient pour mener le soulèvement. Avec l’aide des forces religieuses et révolutionnaires locales, ils sélectionnèrent un groupe de quatre fanatiques à Abadan et leur demandèrent de mener une action tangible pour promouvoir le soulèvement dans la ville. L’ordre était, clairement, de détruire un centre antireligieux, un cinéma, un night-club ou quelque symbole de ce genre.
Ces quatre terroristes choisirent d’incendier un cinéma. Leur choix se porta d’abord sur une autre salle que le cinéma Rex. Le liquide incendiaire qu’ils tentèrent d’utiliser ne fonctionna pas. Ils retournèrent chez eux, en rapportèrent un autre et choisirent alors, comme la séance était terminée, le cinéma Rex qui était bondé et projetait un film populaire dont le titre était “Gavaznha”, “Les Cerfs”. Ce film traitait de thèmes à la fois sociaux et révolutionnaires. Plus de 500 spectateurs assistaient à la séance lorsque le feu fut allumé et des quatre jeunes incendiaires, un seul en sortit vivant.
Cette horreur eut lieu le 19 août 1978. Aussitôt après, des rumeurs commencèrent à circuler, contribuant à faire croire à la population que la SAVAK, police secrète du Shah, était responsable de l’incendie. On raconta que, pendant que le cinéma brûlait, la police avait bloqué les portes à l’aide de chaînes afin d’entraver la sortie des spectateurs !!!
Quelles leçons tirer d’un tel événement, au regard des récents attentats islamistes en Europe ?
Les histoires du cinéma Rex et de Charlie Hebdo semblent bien éloignées dans le temps, mais ont pourtant quelque chose en commun : elles ont été commises par des gens qui, avant leur crime, en raison de leur situation souvent antisociale, voire criminelle, se sont laissé facilement influencer par des propagandes populistes et ont cru qu’il était de leur devoir de commettre ces crimes. Ces individus avaient été fanatisés par des gens avides de pouvoirs, mais maîtres dans l’art de manipuler les faiblesses sociales et les âmes fragiles.
On peut se demander comment une personne ou un groupe de gens peuvent être manipulés jusqu’à commettre de telles horreurs. Quelle est la racine de l’idéologie politique tendant à établir l’hégémonie de l’islamisme ? Comment peut-on finalement extirper cette peste et sauver le monde libre ?  http://en.wikipedia.org/wiki/The_Deers_(1974_film)
Dans notre mode de pensée moderne et civilisé, la religion ne répond qu’à des questions d’ordre privé à propos de l’existence, de son début et de sa fin. Mais, pour l’Islam et particulièrement l’Islam politique, inventé par Khomeini, c’est foncièrement insuffisant et il est nécessaire, pour chaque musulman, de considérer comme une quête et un devoir, non seulement de suivre les ordres des religieux, mais encore de forcer les autres hommes à se convertir, c’est la doctrine “ordonner le bon et interdire le mauvais”. Assassiner quelqu’un qui insulte le prophète de l’Islam est un devoir religieux et, dans les cercles fondamentalistes iraniens, un objet de prière !
L’Histoire a montré que les événements tragiques et les guerres ont toujours trouvé leur origine dans la religion et l’idéologie. Particulièrement une religion comme l’Islam qui se considère supérieure à toutes les autres.
Il ne faut pas oublier que les Allemands ont aussi été fanatisés par Hitler, et furent victimes de ses discours populistes, mais en réalités délétères. Khomeini a agi de la même manière.
Le monde libre et les gens qui mesurent la civilisation en termes de droits de l’homme restent opposés à une logique qui, non seulement considère ses hypothèses et illusions religieuses comme absolument certaines, mais les a érigées en devoirs.
Ces fanatiques sont là pour détruire tous ceux qui ne pensent pas comme eux et pour établir des lois religieuses, à partir d’idées médiévales, dans leur propre société et partout ailleurs.
Il est clair que les Européens doivent prendre conscience qu’ils luttent pour la défense de leurs valeurs, mais ils ne doivent pas oublier que la complaisance et l’indifférence ont déjà causé deux guerres mondiales et que l’Histoire peut se répéter.
Je pense que la communauté internationale pourrait s’activer sur deux fronts. Le premier consisterait à neutraliser le fondamentalisme en son cœur d’origine. Le second serait d’institutionnaliser les droits de l’homme et les principes démocratiques.
Aussi longtemps que persisteront la propagande, l’enseignement et l’expansion islamistes, des ignorants se radicaliseront. Ali Khamenei et son régime dépensent d’importantes sommes d’argent en publicité et lobbying, non seulement dans les cercles religieux, mais aussi dans la communauté d’opposants en exil afin de la cacher et ne laisser apparaître qu’une opposition fantoche. De même que pour influencer le monde musulman par des canaux radio-télévisuelles, via des satellites et le réseau d’Internet.
Certains intellectuels occidentaux seraient tentés de vouloir proposer des arrangements idéologiques et de proposer un autre enseignement que celui que prêchent les mollahs iraniens. Mais l’Islam n’est pas né en Europe et on ne peut espérer le faire évoluer à partir de ce continent. On sait bien où l’Islam est né et où il a grandi. Là où ses vrais représentants font la loi, sans avoir en rien à se justifier.
Aussi déplaisant que cela puisse paraître à certains intellectuels, il est nécessaire de neutraliser le fondamentalisme en son origine, et non pas juste de tenter de le modéliser pour l’adapter à la société actuelle.
Le régime théocratique n’a pas sa place au sein du peuple iranien et sans l’oppression et la violence, il y a bien longtemps qu’il aurait été relégué dans les limbes du passé.
Indubitablement, la destruction du régime islamique est le devoir d’un peuple qui, depuis 36 ans, a subi l’amère expérience du fondamentalisme.
Parmi les Iraniens, particulièrement ceux qui vivent en exil, il y a des forces, bien que faibles en nombre, qui pourraient créer une opposition forte et proactive. Elles ont besoin d’être découvertes, encouragées et autorisées à résoudre ce problème avec leurs moyens et leurs méthodes propres.
Le second front, où l’implication des intellectuels et des politiques est essentielle, est l’institutionnalisation des droits de l’homme et de la démocratie non seulement pour leur communauté mais aussi pour les autres.
Malheureusement, beaucoup de ceux qui sont trompés et fanatisés par l’islamisme considèrent ces valeurs comme des inventions de l’occident dont le but est d’asseoir une certaine hégémonie impérialiste.
Ce type de pensée est le résultat des propagandes de régimes comme celui de l’Iran qui parlent constamment de petit et de grand Satan et considèrent impur et antireligieux tout ce qui vient de l’occident, sauf bien sûr, les armes et les équipements d’oppression (!)
Les pays occidentaux et particulièrement leurs intellectuels, au lieu de tenter de se confronter aux intellectuels islamistes en occident, ce qui n’a jamais rien donné de bon, doivent redéfinir et proclamer les fondements de la démocratie et des droits de l’homme pour tous et en particulier pour les populations en danger d’être désinformés.
En Iran les islamistes font croire que ces valeurs ne sont que des moyens d’impérialisme et sont en contradiction avec l’identité nationale et religieuse des musulmans ! Ces paroles arrivent facilement, via les satellites et l’Internet, aux oreilles fragiles et font que la loi de la tradition et de la religion l’emporte sur les lois humaines !
L’Europe s’est façonnée au milieu de luttes et de douleurs infinies pour bâtir une société consciente des droits de l’homme, une société de la dignité humaine. La conserver et la protéger est un devoir.
Certains arguent que la plupart des groupes insurgés islamistes, y compris DAESH, sont sunnites tandis que les mollahs iraniens sont chiites et que ces deux factions sont en désaccord et en guerre l’une contre l’autre. Ce raisonnement est faux en ce sens que le désaccord est insignifiant et ne porte que sur des luttes d’influence.
La seule raison pour les mollahs chiites de prêcher contre les musulmans sunnites est de conserver leur job de prêcheurs et non parce qu’ils auraient quelque divergence religieuse à débattre.
Quand vient le moment de la confrontation et de déclarer la guerre sainte contre les non musulmans, les deux factions utilisent le même langage et la même idéologie.
Il est évident que les leaders de la république islamique d’Iran donnent leurs ordres de guerre sainte en secret afin de ne pas compromettre leur pouvoir tandis que DAESH ou AL QUAIDA qui n’ont pas de territoire bien défini déclarent et mènent la guerre ouvertement.
Les conflits entre l’Iran et les autres pays de la région, comme l’Arabie Saoudite, ne sont pas liés à des différences d’enseignement ou de croyances religieuses mais plutôt au désir d’étendre leur influence locale.
Quand l’Arabie Saoudite et le Qatar vinrent en aide aux Frères Musulmans, ils ne purent y distinguer la main cachée du régime islamique de Téhéran et ne réalisèrent pas qu’au contraire de Saddam Hussein en Irak ou Hafez El Assad en Syrie, le moteur principal de DAESH ou d’AL QUAIDA n’était pas le nationalisme arabe mais la poursuite des ambitions du régime iranien, du Hezbollah au Liban ou du Hamas en vue d’établir un empire islamique et une hégémonie religieuse dans le monde.
Qui ignore les statistiques d’exécutions en Iran ? Qui a oublié la sauvagerie des talibans ? Il n’est pas besoin de chercher longtemps : regardez ce que DAESH a fait aux Irakiens et aux Syriens au nom de leur religion, ils ont été décapités, fouettés ou jetés, jeunes et vieux, du haut des immeubles. Quel groupe d’illuminés peut croire que Dieu leur a donné pour mission de rendre une telle justice !
Si ce sont des illuminés, qu’en est-il de leurs maîtres à penser ?
Pour contrer le péril islamiste, le monde libre, et particulièrement la Communauté Européenne, portent une lourde responsabilité. Les principes démocratiques et les droits de l’homme sont en danger et ont besoin de protection. Du fait des difficultés et complexités sociales en Europe, les islamistes peuvent rapidement détruire tout ce pourquoi ce continent s’est battu depuis des siècles.

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